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mise en page par Génie

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Il y a un parfum de Brassens et de croissant au beurre

Le dimanche, si la boulangerie n’est pas loin, et si on a pas eu le courage d’aller à la ruche du coin se mélanger à la foule le samedi*, alors pour le petit déjeuner il existe le réflexe croissant. C’était mon réflexe au lever si vous voulez. La boulangerie est à 150 mètres. Pas loin, c’est certain. Mais pas mieux que le Carrefour. Elle a ses têtes la boulangère. Agréable et souriante si j’y passe avec cet ami instit dans le coin. Crispée avec les jeunes, les métèques et les pas normaux… D’où il en sort que mes origines vikings doivent sacrément être restées visibles… A moins que je ne sois resté très jeune comme je peux tout naturellement m’en féliciter. En fait cette boulangère par sa manière désagréable de me recevoir chaque fois qu’en semaine je venais l’enrichir et la faire travailler m’a forcément conduit à me poser bien plus de question que ne doit normalement s’en poser un amateur de bon pain. J’aurai pu excuser un mal être généralisé à cette femme, pas autre chose. Après étude du cas, la boulangère, comme sa seconde, ne sont pas désagréables avec tout le monde. Loin de là. J’ai parlé de cela avec cet ami et collègue. Lorsque je me rends acheter mon pain et que je croise dans l’immeuble le bon Monsieur du bout de mon couloir, un retraité qui me fourni gratuitement en numéro du Point et en Canard Enchaîné des semaines écoulées en échange du Monde 2, alors je suis surpris en arrivant avec lui de voir que je suis servi à la boulangerie avec le plus grand des sourires. Bref, je n’aime pas ma boulangère depuis que j’ai compris qu’elle n’aimait pas les personnes qui ne travaillent pas. La boulangère l’a dit au vieux voisin. Parce que évidemment quand on travaille pas au même rythme que les autres, il va de soit qu’on ne travaille pas**, et que donc on vit avec les impôts des autres car on est un horrible profiteur de chômeur… Tout cela pour dire que je ne vis pas dans un village, mais que grâce à cette petite ambiance village on peut savoir que la boulangère est une conne, son assistante aussi, et tout cela par son voisin… L’air de rien j’aime bien. Il y a un parfum de Brassens pas loin. Mais comme je suis un être profondément pénible il était évident que je n’en suis pas resté là. Pour ce matin j’avais prévu ma petite sortie du bois, et je l’avais programmé ravi comme tout à la boulangerie.

Puisqu’elle n’aime pas les anormaux, je comptais lui en offrir une belle. Avez-vous vous aussi également remarqué comme les prix ont augmenté sans que nos salaires ne suivent ?

_ La baguette à un euros est passée à un euros et cinq centimes ? fis-je semblant de m’étonner

_ Oui… dit-elle. Mais ce n’est que cinq centimes…

_ Ca fait quand même cinq pour cent de hausse !

_ Non, c’est cinq centimes…

_ Ah bon, et quand on augmente de cinq centime une baguette à un euro ça fait une augmentation de combien dans les livres de mathématiques ?

Sourire crispée de la boulangère. Déjà qu’elle aime modérément servir du pain, si en plus on l’emmerde un dimanche matin alors que la boutique est pleine, ça ne la réjouit pas.

_ Bon vous la payez ou pas ?

_ Je n’ai qu’un euro…

_ Alors prenez une baguette normale !

_ Elle a elle aussi augmenté… De cinq pour cent aussi. Vous trouvez ça normal ? Vous croyez qu’en franc vous auriez comme cela augmenté de plus de trente centimes et vingt centimes sans que les gens réagissent… Il est bien l’euro pour vous !

La boulangère fume. Elle répondrait bien. Mais derrière moi il y en a quelques uns pour remarquer à voix basse qu’en effet vu en franc ça ressemble à du foutage de tête.

_ Dans le même temps vous croyez quoi ? Qu’on a tous été augmenté de cinq pour cent ? Surtout que sauf erreur de ma part vous avez déjà fait la même augmentation l’année dernière…

La seconde s’en mêle. Elle a envi d’entrer dans la mêlée pour défendre sa patronne… « Vous avez qu’à prendre une demi baguette et moins en manger… » dit-elle.

_ Vous avez été augmentée de cinq pour cent par votre patronne lorsqu’elle a augmenté le prix de son pain ? je lui demande.

Elle l’écrase et elle a bien raison, la voilà qui se désolidarise. Je ne sais pas comment ni pourquoi mais voilà le boulanger qui arrive. Il commence à m’agresser. « Qu’est-ce que vous voulez-vous ?!!! ». Moi rien. Par contre il y en a derrière moi dans la file qui se font un plaisir de répéter ce qui leur parait à eux aussi comme une aberration. Un monsieur d’une quarantaine d’année fait remarqué que ça donne envi de retourner acheter son pain en grande surface. Il est plus énervé que moi celui-là soudainement, et on sent que ça fait un moment qu’il avait envi de s’exprimer. Moi je suis très pour. Je pense qu’il faut libérer la parole, et pas que dans les écoles. Partout en fait. « Vous attendez quoi aussi pour mettre des étiquette sur les croissants, les pains au chocolat et tout ce qui est là ? » dit-il montrant le vitrine où aucune étiquette ne figure. J’en profite pour demander combien coûte un croissant. Parce qu’avec mon euro c’est tout ce qu’il me reste. « Il a aussi augmenté de cinq pour cent le croissant ! » dis-je à voix haute. D’un coup tout le monde est silencieux. Puis la vieille dame un peu derrière moi fait à voix haute le commentaire qu’on comprend que ce ne soit pas étiqueté. Il y a un super soleil dehors. Tout le monde va commencer sa journée du bon pied, en refusant de se le faire écraser sans rien dire. « Tout ça vous avez intérêt à le faire étiqueter très vite avant que la direction générale de la répression des fraudes ne passe cette semaine… » je conseille au boulanger en bon citoyen.

J’achète la baguette la moins chère, mais qui a quand même augmenté de cinq pour cent elle aussi. Maintenant j’irai acheter en grande surface. A moins que je ne mange plus de pain. Ou moins. Quand votre pouvoir d’achat régresse constamment, comment  l’augmenter sans hausse de salaire ? En consommant moins, ça va de soit. Oui je consomme de moins en moins et de tout. Bref, pour la relance de l’économie de ce pays ça ne marchera jamais tel que c’est parti. La consommation stagne et c’est normal. Pourquoi payer plus cher ce qu’on payait moins cher hier ? Pourquoi continuer à acheter autant quand on ne peut pas ? Le contrat de confiance consommateur vendeur est rompu. Les grandes entreprises et le petits commerces vont beaucoup mieux depuis quelques années. Les profits sont énormes, la richesse de ce pays n’a pas diminuée, seulement celle des salariés. Alors on achète moins, et la production n’augmentera pas, le chômage continuera à ne pas se réduire.

Au lieu de répéter cela que disent ceux qui nous gouvernent ? On va baisser vos impôts sur le revenu, et augmenter vos impôts locaux. Vous allez faire des sacrifices, on va moins vous aider, et travailler plus pour le même salaire… Et pour régler quoi en somme ? Simplement continuer la même logique, plus de profit pour ceux qui en ont déjà assez et ne peuvent plus consommer davantage. Plus de travail et moins de revenus pour ceux qui ne sont pas les amis des patrons et des aristocrates de l’UMP. Comme vous consommerez encore moins il y aura plus de chômage et on pourra toujours utiliser cet argument pour vous payer encore moins et produire moins cher ce qu’on exporte et engraisse les actionnaires. Non, ce n’est pas de la bêtise. C’est réfléchi.

*« Pourquoi aller faire ses courses au Carrefour rend-elle l’humanité moins fréquentable ? » demandait Miossec.

** C’est bien de travailler, mais si c’est pas aux heures normales alors on doit avoir moins l’air de travailler…

 

 

 

 

 

Ecrit par Wandess, le Dimanche 20 Mars 2005, 12:38 dans la rubrique "Ecrits de la vie...".


Commentaires :

  carmenkane
20-03-05
à 22:02

Le Lundi je mendie
Le mardi je mendie
Et l'mercredi, et le jeudi
Le vendredi, le samedi
Mais quand qu'c'est qu'c'est dimanche
J'paye un croissant au chien
Le chien lui il s'en fout...
Ça ou du pain...
Mais le bourgeois qui passe
Sur le trottoir d'en face
Ça le fout en pétard
C'est rigolard
Et j'en jouis
Toute la nuit
Jusqu'au lundi !

Et l'lundi je mendie... bof...

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  Wandess
21-03-05
à 10:06

Re:

J'en suis pas à mendier pour l'instant. Mais je dois autant que possible me méfier de mon banquier! Je ne fais aucune folie, mais je finis toujours les mois à la limite du rouge. J'avoue c'est un peu chiant. Un truc merde sur ma bagnole et bahm pendant deux mois je dois faire la traque à l'euro.

Pov chien il aura pas de croissant... Au mieux peut-être le reste de croquette dont le chat ne veut plus.


  carmenkane
21-03-05
à 21:08

Re: Re:

Paroles de bobby Lapointe!